GALLIEN Raphaël


Doctorant contractuel (2019-2022)
Histoire de l’Afrique et de l’océan Indien occidental
Université Paris VII-Denis Diderot
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Axe prioritaire : « S’approprier, contester, lutter : spatialité, domination, violence », sous-axe « Traces, transmission, trauma : spatialité du corps et de la mémoire »
Axe secondaire : « Savoirs : Acteurs, Pouvoirs, Territoires »

Sujet de Thèse

Vivre fou sur les Hautes-Terres (1912-1975).
Une histoire sociale et politique de la folie à Madagascar

Directeur de thèse : Didier Nativel (CESSMA – Paris Diderot)

Résumé de thèse

En 1912, les Français inaugurent à Madagascar la première institution hospitalière entièrement dédiée à la question de la folie dans les colonies françaises. Anjanamasina, c’est son nom, connait par la suite une croissance constante, accueillant à la veille de l’indépendance plus de cinq cents internés. Ce travail de thèse souhaite user de cet asile comme d’une porte d’entrée afin de réaliser une première histoire de la folie à Madagascar. S’appuyant notamment sur les dossiers des internés, il s’agit en premier lieu de comprendre les modalités de désignation du fou (adala) : se situant dans un réel qui n’est pas compatible avec le fonctionnement social d’une époque le remettant d’office en question, ce dernier vient éclairer sous un angle inédit un environnement social, des agencements politiques, un héritage culturel. De ce fait, à Madagascar, le fou apparait être régulièrement confié à des ombiasy (devins-guérisseurs) ou à d’autres institutions (prisons, hôpitaux…) avant d’être interné, l’inscrivant dans une multitude de négociations institutionnelles plus ou moins spécifiques qu’il s’agira d’éclaircir. Cette recherche entend également revenir sur la spécificité du modèle asilaire : pourquoi l’asile intervient-il à ce moment-là dans la vie de l’interné et selon quelles modalités spécifiques ? Est-il réductible à une « institution totale », uniquement répressive, ou est-il un lieu véritable et possible de soin ? Par ailleurs, comment le colonial s’incarne-t-il dans le quotidien de la folie ? Voit-on une psychiatrie spécifiquement coloniale prendre forme ? En définitive, c’est contextualiser l’impact de l’asile dans une expérience plus large de la colonisation et ses échos au-delà de l’indépendance, afin de dépasser une histoire des représentations pour comprendre l’appropriation qui fut faite de l’institution par la société malgache. Ce travail de thèse se concentre ainsi sur l’expérience quotidienne de la folie dans un continuum de pratiques allant de la coercition aux négociations, de la résistance au réinvestissement, afin de remettre en question l’idée d’une rupture fondamentale dans les pratiques, là où la dichotomie coloniale n’apparait être qu’un vernis discursif. Plutôt qu’une histoire uniquement clinique ou administrative, nous faisons le choix de procéder à une histoire du « banal » de la folie, au sein de l’institution asilaire comme en dehors, laissant une large place aux acteurs dans leur pluralité et leur subjectivité. Il s’agit d’appréhender, sur une soixantaine d’années, qui, dans ce contexte malgache, est désigné comme fou, les implications qui en résultent et la trame routinière qui s’en dégage.

Communications

2019, octobre : Colloque, Enquêtes médicales : savoirs, pratiques, enjeux (XVIIIe – XXIe siècles), Centre d’histoire de Sciences Po – Centre Alexandre Koyré, organisé par Léa DELMAIRE, Pierre NOBI & Paul-Arthur TORTOSA : « Désigner le fou, délimiter la norme – Madagascar, 1933 ».

2019, juin  : Journée d’étude, (Dé)construire les « archives coloniales » : enjeux, pratiques et débats contemporains, Archives Nationales d’Outre-Mer (ANOM), Aix-en-Provence, organisé par le Groupe de recherche sur les ordres coloniaux (GROC) : « Le fou invisible ? (Re)penser l’ordre colonial à partir de ses marges : itinéraires pour une histoire de la folie à Madagascar (1900-1960) ».

2019, mai : Colloque international, Conflits, guerres et traumas : témoigner, soigner, reconstruire, Université de Picardie-Jules Verne/ CHSSC, Amiens, coordonné par Malika BENNABI BENSEKHAR : « Des chants de la révolte aux champs de la folie : à partir de 1947, une histoire psychique du soulèvement malgache au XXe siècle ».

2019, février  : Conférence, Université d’Antananarivo, faculté des Lettres et Sciences Humaines, Antananarivo, à l’invitation de Roland RAKOTOVAO, directeur du département d’histoire : « L’hôpital psychiatrique d’Anjanamasina, un laboratoire colonial ? (1912-1960) ».

2019, janvier : Journée d’étude, Race et psychiatrie. Histoire des sociétés post-esclavagistes. Brésil, États-Unis, Madagascar, Algérie, 1900-1960, université Paris VII-Denis Diderot/CESSMA, Paris, organisée par Aurélia MICHEL : « Le fou colonisé ? Penser la race au détour de la folie à partir de l’exemple d’Anjanamasina (Madagascar, 1900-1960) ».

2018, décembre  : Séminaire, Histoire de l’Afrique et perspectives de genre, Université Paris VII-Denis Diderot/CESSMA, Paris, organisée par Odile GOERG : « D’une dégénérescence à l’Autre : la chair de l’asile. Violences et agressions sexuelles dans un établissement psychiatrique colonial (Madagascar, 1941) ».

2018, mai  : Journée d’étude, Regard de l’autre, regard sur l’autre. Image de soi et construction de l’altérité dans les mondes extra-européens (XVIIIe – XXIe siècle), Université Paris VII-Denis Diderot/CESSMA, Paris, organisée avec Alexandre AUDARD : « Le fou comme preuve : Paul Rabe et la fabrication de cet Autre biologiquement inférieur – Madagascar, 1912 ».

Animation de la recherche scientifique

2019-2022 : Membre du programme ANR AMIAF  : « “Aliéné mental” et “indigène” . Histoire d’une double discrimination de statut en Afrique française (Fin XIXe siècle-1960) », coordonné par Silvia FALCONIERI (CNRS-IMAF), https://amiaf.hypotheses.org/equipe

2019, juin  : Table ronde ECAS 2019, Madness beyond psychiatry : a comparative and interdisciplany study of mental disorder in Africa, Université d’Edinburgh, avec Romain TIQUET (post-doctorant, univ. de Genève).

2019, mai : Journée d’étude, Expérience(s) du monde, expérience(s) de soi. Identités, résistances, horizons (Afrique, Asie, Amérique, XIXe-XXIe siècles), Université Paris VII-Denis Diderot, Laboratoire CESSMA, avec Alexandre AUDARD (univ. Paris VII, CESSMA).

2018, mai : Journée d’étude, Regard de l’autre, regard sur l’autre. Image de soi et construction de l’altérité dans les mondes extra-européens (XVIIIe – XXIe siècles), Université Paris VII-Denis Diderot, Laboratoire CESSMA, avec Alexandre AUDARD (univ. Paris VII, CESSMA).

Enseignements

2019-2020 : Introduction à l’histoire ancienne de l’Amérique, de l’Afrique et de l’Asie, Licence 1, Université de Paris (TD, 48 heures)
Histoire de la mondialisation : XVIe-XXe siècles, Licence 2, Université de Paris, (TD, 24 heures)

2018-2019 : Histoire de l’Afrique contemporaine (XIXe-XXe siècles), Licence 3, Chicago University Center in Paris (30 heures)

Diffusion et valorisation de la recherche

2019, juin : Intervention auprès de l’association CoSoAnja dans le cadre de son assemblée générale annuelle, Lyon : « Naissance et premières expériences psychiatriques à Madagascar : Anjanamasina 1912 ».