Axe thématique n°4 : « Savoirs : Acteurs, Pouvoirs, Territoires» - CESSMA - Centre d’études en sciences sociales sur les mondes africains, américains et asiatiques

Axe thématique n°4 : « Savoirs : Acteurs, Pouvoirs, Territoires »

par  CESSMA

Coordinatrices : Marie Chosson et Evelyne Micollier

Chercheurs statutaires participant prioritairement à l’axe : Olivier Bouquet, Harit Joshi, Nathalie Kouamé, Jean-Luc Martineau, Sakiko Nakao, Daniel Negers, Laurence Pourchez, Ornella Puschiasis, Jean Rivelois, Marie- Albane de Suremain, Thi Liên Claire Tran, Anne Viguier, Céline Wang.

Doctorant.e.s : Sonny Jaofeno, Jun Li, Khadija Premi, Elsa Paris, Sarra Zaied.

Les savoirs sont ici abordés dans toute la variété de leurs acceptions : élaborés, spontanés ou intuitifs ; produits par des acteurs individuels ou collectifs, en position institutionnelle ou plus informelle ; utilisés à des fins idéologiques. La réflexion portera aussi sur le savoir-faire et le faire savoir ; le rapport entre savoir et connaître, savoir et expérimenter ; l’émergence de dispositifs, les processus de (co)productions, de (ré)appropriations de savoirs et de leur légitimation par une autorité.
Le croisement des approches sociologique, géographique, anthropologique et l’historique ouvrent des perspectives complémentaires sur les dispositifs (co)produits à des fins de transmission et de diffusion. Les analyses sont élaborées à partir d’enquêtes de terrain (y compris des archives) principalement situées en Afrique, en Asie et aux Amériques. Les recherches sont menées à plusieurs échelles, du local au global, interrogeant les phénomènes de circulation, de fabrication des normes ainsi que les capacités.
Au cours du précédent quinquennat, nous avons traité des savoirs d’abord sous l’angle de leur construction, leurs usages et leurs (ré)appropriations. Pour le quinquennat 2019-2023, les travaux de cet axe exploreront plus avant la dimension politique des rapports entre savoirs et pouvoirs ainsi que des usages et manipulations des savoirs par divers acteurs. Les recherches se déploient au plus près des pratiques sociales et politiques, elles sont comparatives et concernent aussi bien les sociétés contemporaines que les sociétés anciennes.

L’entreprise éditoriale de l’ " Encyclopédie des Historiographies . Afriques, Amériques, Asies" est poursuivie, toujours pilotée par une direction (renouvelée) d’enseignants-chercheurs du CESSMA (N. Kouamé, A. Michel et S. Mohamed-Gaillard, avec la collaboration d’E.P. Meyer) et un conseil éditorial composé de membres relevant de divers laboratoires universitaires et centres de recherche. Après l’élaboration d’un premier volume consacré au thème des "Sources et genres historiques" (à paraître en 2019, direction : N. Kouamé, E.P. Meyer, A. Viguier), l’équipe s’attèle aujourd’hui à la fabrication du deuxième volume portant sur les "Figures, écoles et débats historiographiques". L’entreprise collective, innovante, internationale, vise au renouvellement de l’histoire de la discipline historique (historiographie). Elle a également pour ambition d’offrir une somme de connaissances sur l’ensemble des "récits du passé" produits hier et aujourd’hui dans les mondes extra-occidentaux.

Territoires, usages et représentations . Seront particulièrement examinés l’articulation entre les usages et les représentations des savoirs ayant pour objet les territoires, sous l’angle de leur co-production et des hybridités entre savoirs en position dominante (produits par des hégémonies) et des savoirs locaux ; des formes spécifiques de représentations de l’espace ; le rapport entre le territoire et le temps linéaire et historique comme cyclique et saisonnier. Nous nous intéressons par exemple aux processus de transformation des territoires à partir de ces savoirs ainsi construits, dans une perspective politique et inversement, comment des économies et des écologies politiques peuvent être fabriquées à partir des savoir-faire gestionnaires des territoires.

Normes, pouvoirs, institutions . Les normes sont multiples et plurielles au sens où elles peuvent appartenir simultanément à des registres différents. Elles peuvent être compatibles ou opposées entre elles. Nous partirons de l’hypothèse que la connaissance, la maîtrise ou le « bricolage » de normes permettent d’établir un lien entre savoirs, compétences et pouvoirs. Les agents s’étant approprié une connaissance des normes arrivent à produire de la relation sociale, de la domination. A l’inverse, l’incompatibilité des normes peut déboucher sur des situations de guerre. Il se peut également que l’instrumentalisation des normes conduise à installer ou à maintenir des groupes sociaux en situation subalterne. Les savoirs seront ici envisagés comme des productions socio-politiques, constituées par et pour des groupes donnés qui leur confèrent leur statut. Ils sont élaborés, transmis, appropriés ou recomposés par des acteurs, individuels ou collectifs, qui fonctionnent comme autant d’institutions : entreprises, familles, organisations villageoises ou de quartiers, groupes sociaux, organisations relevant d’autorités publiques ou de réseaux privés, ou encore à caractère religieux, militants ou utopistes, à des échelles régionale, nationale, transnationale ou internationale.

Corps, santé, environnement. Les savoirs, les pratiques et usages du corps, les épistémologies locales et les voies de leur légitimation dans les sociétés contemporaines sont ici l’objet principal : les signes, marquages, techniques et pratiques corporelles, les émotions et les sensations ; la recomposition de savoirs thérapeutiques locaux, leurs circulations et leurs agencements avec des savoirs scientifiques relevant de dispositifs à identifier et à comprendre dans chaque contexte ; le statut et la place de l’expérience des acteurs impliqués et de leur agentivité. Des points d’attachement unissent les savoirs élaborés et transmis dans diverses cultures du monde aux représentations et usages du corps ancrés localement en lien avec des savoirs globaux. Enfin, il convient de s’intéresser aux interfaces entre savoirs, corps, biodiversité et enjeux climatiques : de la santé globale à la santé planétaire, les valorisations locales des savoirs et savoir-faire émergent aujourd’hui dans le cadre des écologies politiques.

Politiques scolaires, écoles et publics scolaires . L’histoire de l’éducation offre une perspective unique pour comprendre les constructions nationales, l’impérialisme et la structuration des sociétés. Les travaux portent sur les politiques éducatives, les écoles et les élèves, de la colonisation aux premières décennies suivant l’indépendance principalement en Afrique du milieu du XIXe siècle aux années 1970. Penser les sociétés coloniales africaines, les indépendances et les constructions nationales à travers la scolarisation enrichira une perspective comparatiste à l’échelle du continent car les questions liées à l’instruction et à la scolarisation ont occupé une place importante dans la constitution des empires coloniaux, des réseaux sociaux et intellectuels qui les ont structurés et des débats qui les ont animés. Seront abordés de nombreux thèmes : circulation des politiques entre les administrations coloniales ou postcoloniales, les universités et les instituts d’éducation dans les métropoles et les colonies, approche quantitative et qualitative des équipements scolaires en Afrique depuis le milieu du 19ème siècle, acteurs masculins et féminins des politiques éducatives en Afrique et de leur formation à l’étranger ou sur le continent, impacts sur les identités individuelles et collectives et sur les politiques locales/ régionales, changements sociaux et économiques dans la sphère éducative avant et après l’indépendance réflexions théoriques et méthodologiques sur les concepts et les sources.