DE FACCI Damiano



Membre de l’équipe de coordination de l’Atelier du CESSMA

Doctorant associé à l’IRMC de Tunis

Contact : damiano.defacci@gmail.com

Titre de la thèse

"Les formes de participation des associations à l’action publique en Tunisie. Référentiels et configurations locales de l’action associative après la révolution"

Directeur : Jean-Yves MOISSERON (CESSMA - IRD)

Publications

PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES AVEC COMITÉ DE LECTURE

Articles de revue

2018

Sigillò Ester et Damiano De Facci, « L’économie sociale et solidaire : une nouvelle économie morale pour la Tunisie ? La construction de l’‘alternative’ à Médenine », l’Année du Maghreb n° 18, 2018-I.

2017

De Facci Damiano et Joseph-Désiré Som 1, « La démocratie au concret : Les enjeux politiques et territoriaux de la mise en place du Budget Participatif dans la Tunisie post-Ben Ali (2011-2016) », l’Année du Maghreb n° 16, 2017-I.

Belhadj Aymen et Damiano De Facci, « L’État dans l’impasse. La crise de l’emploi dans les régions de l’intérieur en Tunisie post-révolutionnaire », Maghreb-Machrek n° 226, 2017.

2015

Merone Fabio et Damiano De Facci, « The New Islamic Middle Class and the Struggle for Hegemony in Tunisia », Afriche e orienti 1-2/2015.

Chapitres d’ouvrage

2018

Merone Fabio, Ester Sigillò et Damiano De Facci, « Nahda and tunisian islamic activism », New Opposition in the Middle East dirigé par Dara Conduit et Shahram Akbarzadeh, édition Palgrave Macmillan 2018.

2016

De Facci Damiano, « L’emploi solidaire générateur d’inégalités en Tunisie ? », Réparer les inégalité ? dirigé par Monique Selim et Bernard Castelli, édition l’Harmattan 2016.

AUTRES PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES

2019

De Facci Damiano, « Organiser l’activité caritative, revendiquer le droit au développement à Sfax. Les associations caritatives à l’épreuve de la vie citoyenne », La sociologie pragmatique et l’étude des sociétés maghrébines, dirigé par Mohamed Nachi, édition Nirvana, Tunis 2019.

2017

Moisseron Jean-Yves, Pauline Chabbert, Pauline De la Cruz, Gaëlle Gillot, Damiano De Facci, Kamel Kateb, Charlotte Groppo, France Guérin, « L’accès et le maintien des femmes à l’emploi de qualité au Maroc, en Tunisie et en Turquie », Note technique de l’AFD, juillet 2017.

2015

De Facci Damiano et Francisca Gutiérrez Crocco, « La primavera arabe en Túnez : antecedentes históricos y interpretaciones », Acción collectiva y movimientos sociales dirigé par Francisco Báez Urbina, édition Puntángeles-Universidad de Playa Ancha 2015.

2014

De Facci Damiano, « La révolution tunisienne et l’impact social sur l’économie », Le carnet de l’IRMC [En ligne : https://irmc.hypotheses.org/1620].

Communications

COLLOQUES INTERNATIONAUX

2017

« Les frontières de la marginalité dans l’action associative à Sfax, après la révolution », colloque international « La sociologie pragmatique et l’étude des sociétés maghrébines. Nouveaux objets, nouvelles méthodes », 9-10 novembre 2017, Tunis.

« Les réseaux associatifs locaux entre spécialisation et perméabilité, en Tunisie après la révolution », 7e congrès de l’Association Française de Sociologie (AFS), RT 35 « Sociologie des mondes associatifs », 3-6 juillet 2017, Amiens.

Avec Aymen Belhadj, « La gestion du problème du chômage dans les ‘régions de l’intérieur’ de la Tunisie : dogme néolibéral, centralisation et déni des fractures régionales », colloque final OTMA « 2011, dans le monde arabe : étape, tournant ou rupture ? », 29-30 juin 2017, Paris.

2016

Avec Ester Sigillò, « L’action associative orientée au développement en Tunisie : des modèles économiques alternatifs ? Les cas de Kasserine et Médenine », colloque de l’ERC WAFAW, « How economics matter ? L’an V des Révolutions au prisme de l’économique et du social », 12-14 octobre 2016, Beyrouth.

2015

« Associations et/ou révolution : les associations tunisiennes et le discours des ‘compétences’, entre promotion des carrières et prolongement de la précarité », 6e congrès de l’Association Française de Sociologie (AFS), RT 35 « Sociologie des mondes associatifs », 29 juin-2 juillet 2015, Saint-Quentin-en-Yvelines.

Avec Aymen Belhadj, « Jeunes, structures d’encadrement des chômeurs et politisation de la question sociale : les cas de Siliana, Jbeniana et Sfax », 2e colloque OTMA,« Les territoires à l’épreuve des changements dans le monde arabe », 4-5 juin 2015, Tunis.

« La formation d’une ‘société civile islamique’ en Tunisie : le cas de Sfax », 6e Congrès du réseau des associations francophones de sciences politiques (CoSPoF), ST 25 « Les recompositions des espaces politiques post-crises : mobilisations, engagement, désengagement et transitions », 5-7 février 2015, Lausanne.

JOURNÉES D’ÉTUDES ET COLLOQUES DOCTORAUX

2018

Avec Jérôme Fresneau, « Terrains sous tensions. De la légitimation de l’enquêteur à la légitimation par l’enquêteur », colloque CODOFE (Colloque des doctorant.e.s de la Fédération Sciences Sociales Suds) « De la voix des enquêteurs à la voix du chercheur. Les processus de construction de la légitimité du jeune chercheur », 22-23 novembre 2018, Université Paris Diderot.

2017

« Les associations comme espaces d’opportunité et de conversion de ressources », Journées doctorales de l’IRMC « Interdisciplinarité et nouveaux objets de recherche », 10-11 mai 2017, Tunis, Tunisie.

« Revendiquer le droit au développement ou se légitimer par la prise en charge solidaire ? Les frontières de la marginalité dans l’action associative à Sfax, après la révolution », Journées d’études « Citoyennetés locales au Maghreb. Les perspectives de la longue durée », coordinateurs scientifiques Isabelle Gringaud et Sami Bargaoui, 12-13 mai 2017, Sidi Bou Saïd.

2015

« Organiser la solidarité et le développement en Tunisie après la révolution : la ‘société civile’ crée-t-elle des nouvelles inégalités ? », Journées d’études du CESSMA « Réparer les inégalités, penser la solidarité ou construire l’égalité ? », coordinateurs Bernard Castelli et Monique Selim, 18-19 novembre 2015, Université Paris Diderot.

Recherche

2017-2021 Membre du projet ERC TARICA Advanced Grant : « Changements politiques et socio-institutionnels en Afrique du Nord. Confrontation des modèles et diversité des trajectoires ». Participation à l’axe de recherche 3 : « Les modèles de développement et de justice sociale ».

2015-2017 : Co-responsable du projet OTERS (Observatoire Territorial de Siliana), financé par OTMA, encadré dans le programme de recherche de l’IRMC de Tunis « Inégalités régionales et défis du développement territorial », sous la supervision d’Alia Gana (CNRS).

2012-2017 Membre du projet OTMA « Observatoire des Transformations du Monde Arabe », Fonds de solidarité prioritaire (FSP) du Ministère des Affaires Étrangères (2014-2017), coordinateurs France Guérin-Pace (INED) et Jean-Yves Moisseron (IRD). Participation aux axes « Acteurs » et « Territoires ».

Résumé de la thèse

Dans le contexte de l’essor des associations qui a suivi la révolution tunisienne de 2011, cette thèse interroge la participation des associations au changement des politiques publiques qui ont favorisé la marginalisation sociale et territoriale sous l’ancien régime. Adoptant une approche de sociologie de l’action publique, la thèse s’appuie à la fois sur l’analyse des réseaux d’acteurs, des coalitions et de leurs systèmes de représentation et sur l’analyse localisée des configurations associatives de Kasserine et de Sfax. Cette approche permet d’étudier la fonction institutionnelle des réseaux associatifs, tissés à la fois à partir des trajectoires des activistes et des dispositifs mis en place par les associations, et de saisir des formes de régulation particulières à des échelles plus petites.

La première partie de la thèse montre que la discontinuité majeure issue de la révolution se situe d’une part au niveau de la pluralité d’acteurs aux projets différents et de lieux qui rentrent en jeu dans la définition de l’action publique ; et d’autre part au niveau de la perte du monopole du pouvoir de l’État et de l’ancien parti hégémonique. Des référentiels émergent pour penser une action publique renouvelée, où les associations sont impliquées en tant qu’acteur majeur. Ils légitiment des programmes, des instruments et des systèmes de coordination territoriale censés contrer les situations de marginalité et renouveler l’action publique dans un sens plus démocratique et inclusif : l’économie sociale et solidaire, la charité religieuse, la démocratie participative.

La deuxième partie de la thèse s’attache à analyser l’émergence de configurations locales de l’action associative à partir des coalitions et des réseaux constitués à la fois dans l’engagement et avec la mise en œuvre de projets. Dans la ville de Kasserine, la participation des associations à l’action publique relève d’une économie politique locale liée aux ressources de la coopération internationale. La situation de concurrence entre associations, notamment pour s’accaparer l’aide technique et financière internationale, permet l’émergence de réseaux d’insertion où l’impératif entrepreneurial joue à la fois comme distinction et comme stratégie d’insertion. En revanche, dans la ville de Sfax, les associations jouent un rôle clé de construction de coordinations entre acteurs différents. À partir d’un circuit de ressources internes, la construction de réseaux d’associations crée une véritable gouvernance territoriale, où des formes de régulation sectorielle locale s’instituent, notamment dans les domaines des politiques sociales et de la participation aux décisions municipales.

La pluralité des référentiels et des logiques d’engagement, le jeu des coalitions et les régulations locales articulent la pluralisation sociale et idéologique à la différenciation de sphères socio-professionnelles spécialisées et au polycentrisme institutionnel et territorial. L’articulation de ces processus entraîne la réorganisation des liens de dépendance, au-delà du centre étatique. L’analyse localisée montre, d’une part, l’émergence de configurations dépendantes de l’international, qui favorisent la bureaucratisation de l’action associative comme mode d’insertion. De l’autre, elle met au jour les prétentions hégémoniques de certains groupes sociaux engagés dans les associations, qui procèdent d’une logique élitaire outre que de la managérialisation.