OSMANI Madjid


Relations Internationales - Science Politique
Contact : osmanimadjid@gmail.com

Sujet de Thèse

La politique étrangère européenne et la gestion des conflits en Méditerranée. Études de cas : Libye, Syrie et Égypte.

Directeur : Jean-Yves MOISSERON (CESSMA - IRD)

Résumé de thèse

Thèmes de recherche :
L’Europe dans le monde ; Politiques étrangères européennes ; Sécurité européenne ; Partenariat Euro-méditerranéen ; Gestion des crises en Méditerranée ; Coopération régionale en Méditerranée ; Politiques de sécurité en Méditerranée ; Islamisme et violence politique au Maghreb ; Printemps arabe, Libye, Syrie, Egypte.

A la fin de la Guerre froide, le système international est devenu le plus instable de tous les systèmes politiques. On a assisté à la remontée des nationalismes sur base de particularismes ethniques, culturels, religieux ou autres, longtemps "gelés" par le système bipolaire.
Par ailleurs, la mondialisation affecte la nature et les fonctions de l’État, gommant la distinction entre sphères : le national et l’international, l’État et la société, le public et le privé, le militaire et le civil, etc., diluant le principe de souveraineté des États. Mais le phénomène le plus puissant, c’est la multiplication des acteurs non-étatiques sur la scène mondiale, dopés en cela par les technologies de la communication. Ces acteurs sont capables d’actions terroristes, d’infléchir la position d’un État ou d’influer sur ses politiques. Du fait de ces bouleversements, la notion de sécurité a évolué s’élargissant désormais à des dimensions non militaires, allant de l’immigration clandestine à la notion de sécurité économique en passant par la gestion des crises sanitaires, car la mondialisation produit des effets ricochets ignorant les frontières géographiques.

A l’instar des autres régions du monde, l’Europe voit son environnement immédiat déstabilisé et devenir une source d’insécurité pour elle. Ces bouleversements sur la scène internationale et dans le voisinage de l’Europe, vont pousser les européens à se doter d’instruments pour faire face aux menaces. L’UE conceptualise alors sa "Stratégie européenne de sécurité". La Stratégie pose que l’UE est « inévitablement un acteur mondial » et qu’elle doit par conséquence être « prête à partager la responsabilité de la sécurité internationale », « Faire face aux menaces », « Construire la sécurité dans son voisinage », et promouvoir un « multilatéralisme efficace ».

Concernant sa vision des menaces sécuritaires, la "Stratégie européenne" découle clairement d’une conception holistique de la sécurité. Celle-ci identifie par exemple des enjeux économiques et sociaux comme la pauvreté, le sous-développement, les épidémies ou la dépendance énergétique comme source d’insécurité, au même titre que des menaces plus "traditionnelles" comme le terrorisme, la prolifération des armes de destruction massive, ou les conflits régionaux.

C’est parce qu’elle a défini de façon complète et approfondie les causes possibles de son insécurité, que des politiques communautaires à première vue d’essence économique, comme la politique commerciale ou la politique communautaire du développement, vont pouvoir être mobilisées au titre de la prévention des crises ou de leur gestion. Aussi, l’UE a fait sien le concept de "sécurité démocratique" développé par le Conseil de l’Europe, selon lequel le développement de la démocratie est facteur de stabilité et de paix.

Pour rendre opérationnelle cette vision, l’UE dispose aujourd’hui d’un large répertoire d’actions possibles et les instruments de gestion de crises, se caractérisent par leur diversité. Tous ces instruments combinés, ont pour objectif de prévenir les crises, de les résoudre et d’instaurer la paix. De ce fait, la gestion des crises est présentée comme l’un des volets d’une politique de sécurité plus large incluant les aspects politiques et économiques. De cette approche il ressort une conception élargie de la sécurité, qui prend acte de la disparition de la distinction entre sécurité interne et externe, intègre le rôle des acteurs non étatiques, fait le lien entre sécurité et développement, et reconnaît la vulnérabilité croissante de l’Union dans un monde globalisé.

Cette vision qu’a développée l’Europe en terme de sécurité répond-t-elle aux défis et aux nouvelles formes des menaces posés par son voisinage Sud et Est-méditerranée ? Les instruments mis en place par l’UE pour la gestion des crises, en adéquation avec sa vision sécuritaire, sont-ils efficaces pour la gestion des crises en Méditerranée ? Produisent-ils des résultats concrets lorsqu’il s’agit de gérer des crises dans des pays qui n’ont pas vocation à adhérer à l’UE ? Selon quelles formes, et avec quelle efficacité, l’UE et les États membres s’impliquent-t-ils dans la recherche d’un règlement aux crises ? Et quels sont les déterminants de cette implication et de son efficacité ?

Pour répondre à cette problématique, on examinera les actions de la politique étrangère européenne et des États membres à travers les études de cas de la Libye, de la Syrie et de l’Égypte. Trois terrains d’analyse qui ont connus beaucoup de mutations et de crises tout au long de ces dernières années, notamment « Le Printemps arabe », et où l’UE et les anciennes puissances coloniales ont été amenés à intervenir à différents niveaux, et de différentes façons.

Les instruments de gestion de crises utilisés par l’UE et par les États membres, nous fourniront les éléments d’analyse à partir desquels on pourra évaluer l’efficacité de la politique étrangère de l’UE et des États membres, aussi bien dans les réponses conjoncturelles aux crises que dans les tentatives d’agir sur les éléments structurelles des crises. Cette approche "multi-layered" nous permet aussi de voir, les articulations, coopérations, compétitions, que peut avoir l’UE et les États membres, avec l’OTAN, l’ONU, et les différents États acteurs de la sécurité internationale.

Le passé colonial des puissances européennes qui ont découpé et tracé les frontières du monde arabe, avec comme résultat sa "balkanisation" qui, un siècle plus tard, continue de produire des effets négatifs, offre aussi un angle privilégié pour voir comment se combine la politique étrangère de l’UE, avec celles des anciennes puissances coloniales.

C’est donc à la fois une région féconde pour évaluer la politique étrangère de l’UE et de ses États membres, vu les menaces qu’elle présente, mais c’est aussi une période privilégiée suite au "Printemps arabe", afin de voir si le modèle de gestion de crises des européens, donne des résultats dans des pays qui n’ont pas vocation à adhérer à l’UE. Cette dernière à travers ses instruments de gestion de crises, et les États membres, réagissent au cas par cas dans chacun des pays que nous avons sélectionnés, et eux même connaissent des situations très différentes.






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