Soutenance de thèse

L’équipe du CESSMA participe activement à l’encadrement de thèses doctorales. Ci-dessous les sujets des thèses prochainement soutenues par les doctorants rattachés au laboratoire.



Jeudi 13 septembre 2018
Salle 870, Bâtiment Olympe de Gouges, Université Paris-Diderot, à 14h
Jaehyun Jeoung
Thèse en Histoire
sous la direction de Claire TRÂN Thi Liên (Université Paris-Diderot)
"Exploitation minière et humaine : les charbonnages dans le Vietnam colonial, 1874-1945"

RÉSUMÉ

Le charbon était connu au Vietnam depuis longtemps, mais c’est pendant la période coloniale qu’il fit l’objet d’une exploitation systématique. Les Français s’intéressèrent à ces ressources minières du Vietnam dès avant la conquête coloniale. Après l’établissement du protectorat français au Tonkin et en Annam en 1883-1884, l’exploitation des mines de charbon connut un essor rapide sous l’effet de l’afflux de capitaux et l’introduction de techniques de France et devint l’une des principales activités industrielles du Tonkin. Les autorités coloniales soutinrent fortement la « mise en valeur » de la colonie par le capitalisme français. Néanmoins, il n’était pas toujours facile même pour les plus grandes compagnies françaises d’organiser une nouvelle activité de production dans un pays peu industrialisé Alors que les charbonnages de Hòn Gai parvinrent à surmonter des difficultés d’ordre financier, commercial et industriel et réaliser des profits considérables, la plupart des autres entreprises minières ne rémunèrent jamais suffisamment les capitaux engagés, et même certaines d’entre elles se terminèrent par des échecs complets. En particulier, les compagnies minières rencontrèrent une grande difficulté à recruter des ouvriers et les retenir dans les mines, dont les conditions de travail furent particulièrement dures. La forte mobilité caractérisait la main-d’œuvre des mines et retarda ainsi la formation d’une conscience de classe parmi les ouvriers des mines. La grève générale des ouvriers de Hòn Gai en novembre 1936 témoigne pourtant la naissance d’une nouvelle classe sociale, que les militants communistes vietnamiens visèrent à transformer en avant-garde révolutionnaire contre le colonialisme et le capitalisme.

Vendredi 21 septembre 2018
Salle 870, Bâtiment Olympe de Gouges, Université Paris-Diderot, à 9h30
Rose Ndengue
Thèse en Histoire
sous la direction de Odile GOERG (CESSMA, Université Paris-Diderot)
"Femmes, sphère publique et pouvoir politique en postcolonie : Le cas du Cameroun (1945-années 2000)"

RÉSUMÉ

Les critères d’accès à la citoyenneté « moderne » qui ont été élaborés pour les colonisé·e·s après la seconde guerre mondiale, comportent dès le départ une forte dimension genrée. Bien que ces normes voient le jour dans un contexte réputé pour son ouverture à une relative libéralisation de la vie sociale et politique, les restrictions qu’elles comportent et les mécanismes de leur mise en œuvre mettent à jour le souhait des autorités coloniales de contrôler un changement devenu inévitable. Elles instituent alors une sphère publique dans laquelle, elles sont garantes de la légitimité des interlocuteurs.trices qui y officient. Les soubassements disqualifiant qui régissent la participation politique moderne à l’origine, ont eu un effet durable sur la manière dont ce processus est investi par les autorités, les populations et l’historiographie. Ainsi, dans le cas du Cameroun, la construction genrée de la citoyenneté abouti d’une part, à une présence marginale des femmes au sein des instances politiques – et dans l’espace politique conventionnel, de manière générale – et, d’autre part, à leur sous-representation dans l’historiographie politique du Cameroun. Pour autant, cette sous-représentation des femmes dans l’histoire et la vie politique ne traduit pas une participation politique négligeable, mais, plutôt, une visibilité différenciée des hommes et des femmes dans la sphère publique. Ce travail vise alors à démontrer que des Camerounaises manifestent constamment la volonté de s’imposer comme agentes politiques. Dans une approche qui étend le périmètre de la participation politique à des modes d’action ne relevant pas uniquement de la modernité occidentale, cette recherche éclaire les actions politiques plurielles (collectives ou individuelles) de ces femmes.


Vendredi 9 novembre 2018
Université de São Paulo, São Paulo, Brasil, à 14h30
Ana Gebrim
sous la direction de Marie-Caroline Saglio-Yatzimirsky (Inalco-CESSMA) et Miriam Debieux Rosa (IP-USP)
"Psicanálise no front : a posição do analista e as marcas do trauma na clínica com migrantes"

RÉSUMÉ

Depuis l’année 2010, un flux de nouvelles migrations vers le Brésil explique l’arrivée de populations de primo-arrivants (notamment des Congolais, Angolais, Syriens, Haïtiens). Ces nouvelles populations interrogent la clinique psychanalytique auprès des migrants. En effet, leur expérience de violence extrême et leur condition précaire les caractérisent et exigent un renouvellement des questionnements et des modalités d’intervention cliniques. A travers des réflexions sur la clinique avec des sujets migrants dans les institutions d’accueil de la ville de São Paulo, nous espérons contribuer à la réflexion sur de nouvelles possibilités d’intervention clinique. En partant de la notion de trauma comme une modalité de souffrance du sujet face à un événement vécu comme désastre, nous réfléchissons aux possibilités de conception de nouveaux éléments d’intervention clinique, ainsi qu’aux formes de positionnements analytiques dans la rencontre avec le migrant. Nous proposons, à un stade de notre réflexion, une comparaison avec la prise en charge des migrants à Paris, France, où l’arrivée récente de migrants a également exigé la mise en place de nouveaux dispositifs cliniques. Ainsi, à partir de cas cliniques menés dans les deux villes, cette recherche propose de qualifier le traumatisme, puis l’impact opéré dans la prise en charge par les langues et les cultures, enfin les injonctions institutionnelles et les questions raciales et coloniales présentes tout au long de la trajectoire des migrants. En prenant comme objet la rencontre clinique entre les migrants nouvellement arrivés et le psychanalyste, nous essayerons de réfléchir aux possibilités d’intervention clinique dans des conditions extrêmes, capables de produire de nouvelles significations pour le sujet. Nous montrerons en quoi les différents positionnements de l’analyste sont au centre de nouveaux dispositifs cliniques, puisque ce dernier peut être pris entre, d’une part, l’excès d’implication dans la souffrance du patient, et d’autre part, dans la distanciation nécessaire, qui produit alors des effets de désaveu pour le sujet. De cette manière, nous souhaitons contribuer à la pratique psychanalytique en contexte extrême, en particulier avec la population migrante et /ou exilée.

Mots-clefs : Psychanalyse, Migration, Refuge, Trauma, Transfert


Vendredi 23 novembre 2018
à l’Université Paris Diderot, Bâtiment Halle aux Farines, deuxième étage salle 234C. 10-16 rue Françoise Dolto 75013 Paris, à 9h
Nadia Cordero Gamboa
sous la direction de Monique Selim (IRD-CESSMA)
"Le devenir professionnel des jeunes diplômés étrangers en France"

RÉSUMÉ

Les migrations professionnelle et étudiante ont été abordées sous l’angle des réseaux, de la socialisation ou des échanges entre les pays d’origine et la France. Cette recherche anthropologique, quant à elle, s’attache à analyser la situation professionnelle des jeunes diplômés de master ou de doctorat issus de pays n’appartenant pas à l’Union européenne. Ceux-ci souhaitent s’engager dans une activité professionnelle en France, toutefois « la question du retour au pays d’origine se pose souvent à l’issue de leurs cursus universitaire ». Pour eux, l’entrée dans le monde professionnel prend une dimension administrative très marquée. Ils se trouvent confrontés à des obligations administratives (pendant leurs études, dans la vie quotidienne ou au travail), à des contraintes d’insertion professionnelle ou de poursuite de carrière (postes réservés aux ressortissants de l’Union européenne, problèmes pour changer de statut) en passant par des difficultés à établir un projet professionnel après l’obtention de leur diplôme. Dans le cadre d’une démarche anthropologique, un travail d’immersion est mené au sein d’associations représentatives des doctorants travaillant sur la valorisation du parcours doctoral et d’associations qui informent et apportent leur soutien aux jeunes diplômés étrangers, afin d’appréhender la manière dont ils envisagent la suite de leur parcours en France et de connaître la manière dont ils le vivent.

Mots-clefs : Etudiants étrangers. Jeunes chercheurs étrangers. Jeunes diplômés étrangers. Changement de statut. Implication, engagement associatif. Associations de doctorants. Doctorat. Professionnalisation, valorisation, reconnaissance du doctorat


Mercredi 5 décembre 2018
Salons de l’INALCO, 2 rue de Lille, de 14h à 18h
Laurence Lécuyer
Thèse en Ethnologie Anthropologie
sous la direction de Marie-Caroline Saglio-Yatzimirsky (Inalco-CESSMA) et Sylvain Brocquet (CPAF)
"Le ghunghat dévoilé. Voiles, statuts et alliances en Inde du Nord"

RÉSUMÉ

Le ghunghat est une pratique du voile particulière à l’Inde du Nord. Il a pour singularité d’être non-confessionnel et peut être pratiqué par des femmes de toutes confessions religieuses, hindoues, musulmanes ou sikhes, mais pas par toutes les femmes. Il consiste pour une femme à baisser sur son visage le voile qu’elle porte sur sa tête devant certains individus parmi ses affins, mais jamais devant ses consanguins. Il est observé de façon inégale en fonction des castes, des classes, du niveau d’éducation, des lieux de résidence dans une grande partie de l’Inde du Nord, hormis au Pendjab, d’où il a disparu il y a une quinzaine d’années. Il renseigne sur la relation qu’une femme entretient avec les individus qui l’entourent. Sa manipulation donne à voir l’organisation sociale et familiale spécifique à l’Inde du Nord : mariage arrangé, résidence patrilocale en famille élargie, antagonisme et asymétrie de statuts entre les affins et les consanguins d’une femme, rapports hiérarchiques. Extension du corps de la femme, sa gestuelle en exprime les représentations, ainsi que l’esthétique et les rapports de genre. Le voile apparaît comme un « fait social total », révélant les rapports familiaux et sociaux en même temps que les représentations du corps de la femme, et s’insérant dans une pratique de couverture et d’enveloppement des corps et des objets qui renvoie au sacré. Une ethnologie du ghunghat permet de créer de nouveaux outils afin d’aborder les problématiques autour du voile dans d’autres espaces, en particulier en France, dans une perspective comparative.

Mots-clefs : Voile- Inde du nord- société- statuts-corps-sacré-organisation familiale-pudeur-honte-honneur-genre




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